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Togo: le plan national de la surveillance génomique officiellement lancé

Le  03 août 2026, le Togo,  à travers les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Environnement, a procédé au lancement  du plan national de la surveillance génomique au Togo. Ce plan consiste à anticiper sur la spécificité des pathogènes qui circulent au Togo tout en collectant des données sur les génomes.

Dans son mot d’ouverture, Dr Kokou WOTOBE, Secrétaire général du Ministère de la Santé, au nom de ses collègues de l’Environnement et de l’Agriculture, a rappelé  que la pandémie de 2019 a bouleversé le monde et face à une menace sanitaire, la qualité de l’information scientifique et la capacité d’anticipation s’avèrent indispensables. « Le génome des pathogènes s’est imposé comme le web ; il permet de traiter efficacement, d’orienter les interventions et les décisions », poursuit-il.

Ce plan ne doit pas devenir un document supplémentaire. Il s’agit d’engagement des experts, de chercheurs, de biologistes d’environnementalistes responsables de la conception et la réception de ce document. Aussi, a-t-il invité chaque institution, chaque laboratoire, à la nécessité de recevabilité et  les partenaires à poursuivre et à renforcer leur accompagnement.

Ce plan se construit par notre capacité à anticiper. Il est une étape décisive. « Il nous appartient d’en faire la préservation de notre environnement national et le renforcement de notre sécurité sanitaire », a-t-il conclu.

Dr Kokou Nouwame ALINON,  Directeur régional d’Africa CDC pour l’Afrique de l’Ouest, soutient en ce qui le concerne que c’est depuis 2019 qu’ils ont commencé ce processus, et c’était juste sept pays qui avaient  cette capacité de faire le séquençage et de savoir au niveau des pathogènes quel est le génome. « Aujourd’hui, nous sommes à 48  pays. Et le Togo a emboîté le pas de ces pays », a-t-il ajouté avant de préciser que  Africa CDC, en tant que principal accompagnateur, a financé ce projet en collaboration avec ses partenaires  dont  l’OMS.

(Au micro, Dr Kokou  ALINON,  Directeur régional d’Africa CDC) 

Aussi, a-t-il   poursuivi  en disant que son institution offrira ses bons offices jusqu’à l’implémentation  du projet: « Nous venons de lancer, nous serons encore là pour discuter des prochaines étapes jusqu’à l’implémentation », a-t-il  rassuré. Et Africa   CDC serait au côté du gouvernement pour implémenter ce projet », a-t- il réitéré. « Nous sommes heureux d’avoir les principales composantes de l’approche « Une seule Santé »  pour  les ministères de la Santé, de l’Environnement et de l’Agriculture. Nous avons noté cet engagement au niveau de la plateforme « Une seule santé » et Africa CDC serait heureux de les accompagner  dans l’implémentation »,  continue-t-il de souligner

« Du point de vue régional, en tant que Directeur Régional  de l’Afrique de l’Ouest, ceci est une priorité pour nous. C’est ce qui témoigne de ma présence pour dire que nous avons cité les épidémies en cours, dont Ebola en RDC. Nous ne savons pas quand ça arrivera. Et puis ce n’est pas une question de si ça va arriver, mais c’est une question de quand ça va arriver. Et donc le Togo  veut anticiper sur ces épidémies, en se préparant et également en attaquant à la question de la résistance antimicrobienne.  Un engagement qui rentre pleinement dans nos agendas et nous sommes là pour l’accompagner  sur les plans financier et technique », a-t-il  conclu.

Il faut noter la présence de la  représentation  de l’OMS  au Togo. Dr ANANI Joël qui a représenté cette agence onusienne, a salué le leadership du gouvernement togolais pour son engagement permanent à renforcer la sécurité sanitaire nationale en matière du  système de santé suivant l’approche d’une seule santé, capable de prévenir et détecter, qui répond efficacement aux menaces sanitaires émergentes. Dans sa déclaration, il a souligné que la présence génomique est devenue un outil stratégique incontournable. Pour  elle, la surveillance génomique permet d’identifier rapidement les mutations, de suivre la circulation des micro-organismes, de détecter l’émergence des variantes et orienter les décisions de santé publique sur des bases scientifiques solides.

« La réussite de cette initiative nécessitera  la collaboration entre les autorités, les institutions scientifiques, les universités, les laboratoires, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés pour garantir la pérennité et l’efficacité de cette stratégie »,  a-t-il  soutenu avant de conclure en disant que :  « La mise en œuvre de cette ambitieuse stratégie ne sera pas sans défis. Il nous faudra mobiliser les ressources financières durables, renforcer les capacités nationales en génomie et en bio informatique, assurer un transport efficace des échantillons, intégrer un traitement en surveillance du système national génomique et promouvoir un partage responsable de données et sécurisées afin de  renforcer la collaboration sectorielle en vue d’approches d’une seule santé ».

Il sied de rappeler que le plan national stratégique de la surveillance génomique au Togo est l’aboutissement d’un processus sectoriel engagé depuis avril 2005 par  les départements chargés de la santé, de l’environnement et de l’agriculture et avec l’appui de l’organisation mondiale de la santé et les autres partenaires. Ce document constitue désormais notre cadre national de référence de la coordination. Ce plan repose sur six axes stratégiques complémentaires. La mise en œuvre de ces investissements coûte 2 milliards 800 millions de francs CFA sur la période 2026-2028. Le Togo vient ainsi de rejoindre les 48 pays de l’Union Africaine qui compte 55  Etats membres, dans cette démarche.

Pour rappel, en mai 2021, lors de la 64ème Assemblée mondiale de la santé, les Etats membres ont adopté la résolution 74.5 sur le renforcement de la préparation et de la réponse aux urgences sanitaires. Cette résolution exhorte les Etats membres à accroître leur capacité à détecter menaces notamment grâce à des technologies de laboratoire telles que le séquençage génomique.

Aussi a-t-il rappelé que pour aider les Etats membres dans cette entreprise, l’OMS et les Etats membres de CDC ont élaboré en mars 2022, la stratégie mondiale de surveillance génomique pour la période 2022-2023. Cette stratégie vise à soutenir les pays dans leurs efforts à étendre la capacité des approches harmonisées pour une surveillance génomique au niveau local et mondial.  Cette démarche pour « Une seule santé » reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine et animale et environnementale.

David Ricardo

 

 

 

 

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