Aussitôt l’arrêté interministériel sorti le 10 septembre dernier, l’application des nouveaux produits du carburant à la pompe est rentrée en vigueur le lendemain à la surprise générale de la population surtout que c’est à la veillée des rentrées des classes où des parents cherchent des moyens financiers pour acheter des fournitures scolaires pour leurs enfants qui vont reprendre le chemin de l’école le lundi 14 septembre 2026.

En effet, cette décision d’augmenter les prix du carburant à la pompe est reçue comme une massue sur la tête des Togolais. Pourquoi choisir la veille de la rentrée scolaire pour crucifier les Togolais ? Cette question fait l’unanimité sur toutes les lèvres, car les retombées de cette décision impopulaire commencent à se sentir sur le panier de la ménagère. En effet, les prix des denrées alimentaires ont déjà flambé, car, des revendeurs évoquent les prix des transports qui ont drastiquement augmenté. C’est pour dire que la hausse du prix du carburant impacte les produits de la première nécessité et le secteur des transports.
Devant ce tollé général, plus partis politiques et mouvements dont la CDPA de la députée Adjamagbo-Johnson Brigitte et ses alliés et l’ADDI ont fait leur sortie pour dénoncer cette énième augmentation des prix du carburant à la pompe.
En principe, l’Assemblée Nationale devrait expressément interpeller les ministres du commerce et des finances pour expliquer les tenants et les aboutissants de cette hausse. Bien avant, les syndicats s’il en existe encore, doivent protester contre cet arrêté impopulaire en appelant la population à des débrayages.
Devant l’indifférence constatée, on a l’impression que des Togolais affaiblis par des injustices sociales, ont de la peine à réclamer leurs droits et à s’indigner face à la violation de leurs droits.
Le RPT UNIR dans son mutisme éternel
Cependant, dans cette dénonciation, c’est l’attitude des députés de la majorité RPT-UNIR et ses alliés qui choque. En principe, un député doit se démarquer de sa chapelle politique lorsqu’il s’agit de défendre l’intérêt national ou du peuple. Il est clair que la hausse des prix des produits pétroliers ne va pas uniquement impacter négativement les militants de l’opposition mais de tout le peuple y compris les partisans de l’ordre ancien dont fait partie le parti au pouvoir.
Il est vrai que des autorités politiques et représentants du peuple bénéficient de certains privilèges dont les bons d’essence. Toutefois, les membres de leurs familles aussi souffriront de cette décision impopulaire.
Dans ce cas, il revient à tous les acteurs politiques et de la société civile crédibles de remobiliser ce peuple opprimé autour d’un seul mot d’ordre : marches de protestation contre cette énième hausse du prix du carburant à la pompe. L’indignation doit être totale, car rien ne justifie cette forfaiture qui crucifie ce peuple qui tire déjà le diable par la queue avant de s’offrir le pain quotidien. Un gouvernement qui se soucie vraiment du bien être de son peuple ne peut pas augmenter le prix du carburant à la veille de la rentrée scolaire où les parents cherchent de l’argent pour acheter à leurs enfants des fournitures scolaires. La guerre Iran-Etats-Unis d’Amérique et l’Israël ne justifie pas cette augmentation dans la mesure où le Togo importe le pétrole du Nigéria et autres pays où la guerre ne sévit pas.
La quantité de pétrole que le Togo importe ne passe pas par le Détroit d’Ormuz qui est le nœud de la guerre entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Iran. Bref, le Togo ne mérite pas l’augmentation du prix du carburant à la pompe. D’ailleurs, le prix du baril mondial ne connait pas encore la hausse. Pourquoi les autorités togolaises veulent coûte que coûte crucifier leur peuple par cette augmentation du prix du carburant ? On n’ose croire que la seule raison qui pourrait justifier cette décision impopulaire se situe au niveau de la mal gouvernance qui se traduit par des détournements des deniers publics à répétition et la corruption à haut niveau qui impacte le développement du pays dont le retard est criard.
Pourquoi des charges créées tous azimuts doivent-elles incomber la population qui est appelée à les couvrir à travers des impôts et taxes ? Quel cynisme au niveau de l’Etat ? Trop c’est trop ! La population togolaise n’en peut plus. En tout cas, le pire est devant le peuple qui fait semblant de dormir en refusant d’exprimer son ras-le-bol.
Anges Gbedode





