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Togo: le projet e-Permis officiellement lancé pour moderniser l’importation des végétaux et des pesticides

Le Togo franchit une nouvelle étape dans la digitalisation de ses procédures administratives. Le jeudi 9 octobre 2026, à Lomé, le ministère chargé de l’Agriculture a officiellement lancé le projet e-Permis, une initiative destinée à dématérialiser la délivrance des permis d’importation des végétaux, des produits végétaux et des pesticides.

La procédure d’obtention des permis d’importation des végétaux et des produits végétaux au Togo devrait connaître une transformation majeure. Jusqu’ici fondée sur des documents physiques et des démarches nécessitant des déplacements, elle est appelée à évoluer vers un système numérique intégré, plus rapide et plus transparent.

La cérémonie de lancement du projet e-Permis s’est tenue à Lomé, en présence de représentants des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des opérateurs économiques. Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire était représenté par M. KONLANI Dindiogue.

Pour les autorités togolaises, la digitalisation du permis d’importation répond à la nécessité de moderniser les procédures administratives et d’améliorer les conditions d’exercice des opérateurs économiques.

À terme, cette réforme devrait réduire les délais de traitement, faciliter les opérations commerciales et renforcer la protection phytosanitaire du territoire.

Selon Kossi Djifa Hounkanli, directeur de la Production agricole, le passage au numérique pourrait ramener le délai de traitement d’une demande de 72 heures à environ trois heures, lorsque toutes les conditions requises sont réunies. 

Kossi Djifa HOUNKANLI, Directeur de la Production agricole

Au-delà du gain de temps, la nouvelle plateforme devrait limiter les déplacements, réduire les coûts liés aux démarches administratives et permettre aux importateurs de suivre plus facilement leurs demandes. Elle favorisera également le partage d’informations entre les services techniques agricoles, les douanes et les autres structures concernées.

Le responsable précise toutefois que le lancement officiel ne signifie pas le début immédiat de la délivrance des permis électroniques. Il marque plutôt le démarrage des travaux de conception et de développement de la solution numérique. 

 

L’enjeu du projet ne se limite pas à la simplification des formalités commerciales. Le permis d’importation constitue un instrument de contrôle destiné à prévenir l’introduction d’organismes nuisibles, de ravageurs et de maladies susceptibles de menacer les cultures nationales.

Grâce à la centralisation des informations relatives aux produits importés et à leur provenance, le futur dispositif doit permettre aux services compétents de mieux évaluer les risques phytosanitaires avant la délivrance des autorisations.

Cette approche vise à concilier la fluidité des échanges commerciaux avec la protection des productions agricoles, de la biodiversité et de la sécurité alimentaire.

Les volumes d’importation concernés soulignent l’importance de cet enjeu. D’après les chiffres présentés lors de la cérémonie par le représentant du ministre, le Togo a importé environ 82 000 tonnes de végétaux en 2024, dont 60 000 tonnes de semences. En 2025, les importations se sont établies à environ 47 000 tonnes, dont 22 000 tonnes de semences, sous couvert de permis physiques.

 

La digitalisation devrait aussi contribuer à réduire les risques de falsification des documents et à améliorer la traçabilité des marchandises soumises au contrôle phytosanitaire.

Le projet bénéficie de l’appui technique de l’Alliance mondiale pour la facilitation des échanges, mis en œuvre par la GIZ, avec le soutien financier de l’Union européenne et de la Coopération allemande. Le Centre islamique pour le développement du commerce figure également parmi les partenaires cités par les autorités togolaises.

Prenant la parole au nom de l’Union européenne et de l’Allemagne, Niccolo Maracchi a souligné l’importance de cette initiative pour la compétitivité du secteur privé et l’efficacité de l’administration publique. Il a rappelé que la modernisation des procédures commerciales doit aller de pair avec la préservation des exigences sanitaires et phytosanitaires.

Le projet s’inscrit par ailleurs dans la dynamique de mise en œuvre de l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce sur la facilitation des échanges, ratifié par le Togo en 2015.

 

Il vient compléter les efforts déjà engagés avec la digitalisation du certificat phytosanitaire à l’exportation, connu sous l’appellation ePhyto, afin de poursuivre la modernisation des formalités liées au commerce des produits végétaux.

Selon la Direction de la Production agricole, la phase de développement doit se poursuivre jusqu’en juin 2027. Elle comprendra la conception de la plateforme, des tests avec les opérateurs économiques et les structures impliquées, ainsi que la formation des acteurs appelés à utiliser le système.

Il sied de  préciser  qu’avec cet  outil  qu’est  l’e-Permis, le Togo ambitionne ainsi de rendre les procédures d’importation plus accessibles et plus efficaces, tout en consolidant les mécanismes de contrôle phytosanitaire. La réussite de cette réforme dépendra désormais de la qualité de la solution développée, de la coordination entre les services et de son appropriation par les futurs utilisateurs.

 

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