Du 15 au 19 juin 2026, la capitale togolaise a accueilli la Première Convention et Exposition africaines du transport aérien. Occasion pour les ministres africains en charge des transports, du tourisme, du commerce et des finances d’adopter une feuille de route devant rendre le transport aérien plus accessible, moins coûteux et mieux connecté sur l’ensemble du continent.
En effet, le Togo a posé un pas historique dans la construction de l’intégration africaine avec l’adoption ce 16 juin 2026, de la Déclaration ministérielle de Lomé et sa matrice de mise en œuvre, un document stratégique destiné à catalyser les formalités pour un transport aérien africain plus flexible.

Cette décision, prise à l’occasion de la Convention et Exposition africaines du transport aérien 2026, organisée dans la capitale togolaise, traduit une volonté politique forte : mettre fin aux obstacles qui freinent depuis des décennies la mobilité des personnes et des marchandises sur le continent.
La multipolarité, un frein à un ciel accessible
Malgré ses 1,5 milliard d’habitants et une croissance économique soutenue dans plusieurs régions, l’Afrique ne représente qu’une faible part du trafic aérien mondial. Voyager entre deux capitales africaines demeure souvent plus coûteux, plus long et plus complexe qu’un voyage vers l’Europe ou le Moyen-Orient.
Les responsables africains veulent désormais changer cette réalité en accélérant la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), une initiative inspirée de la Décision de Yamoussoukro adoptée en 1999, mais dont l’application est restée limitée.
L’objectif est simple : ouvrir davantage les marchés nationaux, supprimer les barrières administratives et favoriser une véritable concurrence entre les compagnies aériennes africaines.
Lomé, nouveau symbole de l’intégration continentale
Le choix du Togo comme pays hôte n’est pas anodin. Depuis plusieurs années, le pays s’est imposé comme l’un des principaux défenseurs du MUTAA sur le continent.

Ici la SG de la CAFAC et le Ministre KADJE lors de la signature
En accueillant cette rencontre de haut niveau, Lomé consolide sa position de plateforme régionale stratégique et renforce sa diplomatie économique tournée vers l’intégration africaine.
Les ministres ont d’ailleurs salué le leadership des autorités togolaises dans la promotion d’une aviation africaine moderne, inclusive et durable.
Réduire le prix des billets, une priorité absolue
L’une des décisions majeures de la Déclaration de Lomé concerne la lutte contre le coût excessif des voyages aériens.
Les taxes, redevances et frais multiples imposés dans de nombreux pays africains alourdissent considérablement le prix des billets d’avion. Cette situation décourage les voyageurs, limite les échanges commerciaux et affaiblit la rentabilité des lignes aériennes.
Les États se sont ainsi engagés à harmoniser les politiques fiscales liées à l’aviation et à renforcer la concertation entre les ministères des transports, des finances, du tourisme et du commerce.
Cette réforme pourrait avoir des effets directs sur le pouvoir d’achat des citoyens africains et stimuler le tourisme intra-africain.
Une aviation au service du commerce africain
La Déclaration de Lomé s’inscrit également dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Les signataires souhaitent développer des corridors aériens dédiés au transport des marchandises afin de faciliter les échanges entre les différentes régions du continent.
L’ambition est de créer des chaînes de valeur africaines plus compétitives en améliorant les infrastructures de fret, les connexions entre les villes secondaires et la coopération entre aéroports, compagnies aériennes et opérateurs logistiques.
Miser sur le numérique et la transition écologique
L’Afrique veut également préparer l’avenir. Les ministres ont placé la transformation numérique au cœur des priorités du secteur aérien.
La modernisation des systèmes de voyage, la digitalisation des procédures aux frontières et l’amélioration de la gestion des données devront contribuer à fluidifier les déplacements.
Le continent entend aussi prendre part à la révolution écologique qui touche l’industrie aéronautique mondiale. Les pays africains se sont engagés à soutenir le développement des carburants d’aviation durables et des solutions énergétiques à faible émission de carbone.
Joindre des actions aux paroles
L’une des innovations majeures de cette Déclaration réside dans la mise en place d’une matrice de suivi et d’un mécanisme de redevabilité destiné à éviter que les engagements ne restent lettre morte.
La Commission africaine de l’aviation civile (AFCAC) aura la responsabilité de coordonner les actions, de suivre les progrès réalisés et de mobiliser des ressources financières grâce à l’initiative « AFCAC Solidarity Commitment 2026-2028″.
Au-delà des textes, l’enjeu est immense : construire un espace aérien africain capable de soutenir l’intégration économique, de créer des emplois et de rapprocher les peuples.
La Déclaration de Lomé pourrait ainsi devenir le tournant que l’Afrique attend depuis plus de vingt-cinq ans pour faire de son ciel un véritable moteur de développement.





