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Jean Pierre FABRE demeure-t-il l’obstacle à l’alternance au Togo ?

Le leader de l’Alliance nationale pour le changement ANC, Jean-Pierre Fabre continue de marquer l’histoire de notre République. Anciennement Secrétaire Général de l’Union des Forces du Changement (UFC), l’homme s’était singularisé par son radicalisme et sa ferme opposition à un quelconque dialogue avec le pouvoir. Il n’hésitait pas à envoyer en enfer tous ceux qui tentaient de saisir la main tendue par le régime. Feu Amah Gnassingbé, Antoine Bodjona, etc ont goûté à l’humeur de Fabre. C’est la même chose qu’il a voulu appliquer à Gilchrist  Olympio.  Il  s’est trompé de personne car Gilchrist  n’est pas les autres. FABRE sera classé de l’UFC comme  s’il était la peste elle-même.  Il mettra sur pied l’ANC mais par faute de stratégie, le parti se retrouve aujourd’hui dos au mur. Sa marge de manœuvre, est on ne peut plus étroite et tous les clignotants sont en passe de virer au rouge. C’est dans son élan  funeste pour son avenir politique que le pouvoir va à nouveau décrisper l’atmosphère en proposant un dialogue avec la classe politique togolaise. Si Fabre était un bon stratège politique, c’est l’occasion rêvée pour peser de tout son poids dans ce dialogue.

Malheureusement, il passera une fois encore à côté. Comme son lexique ne comporte pas le mot « oui », il dira niet à l’idée avancée par le pouvoir. Au même moment où l’ANC dit non, c’est de façon unanime que les autres marquent leur adhésion à cette idée du Président Fabre est tout simplement un politique obnubilé par des ressentiments qui ne sauraient prospérer maintenant. C’est tout simplement triste et dommage que Fabre soit un homme en dehors du temps.

La seule porte de sortie dont lui et son parti disposent réside dans ce dialogue et en marquant  son refus de s’associer à une telle démarche. Fabre opte pour le suicide. En moins d’un miracle, puisqu’en politique il en existe toujours, la messe de requiem de l’ANC sera pour peu dite.

Le « Master No » togolais peut d’un jour à l’autre être emporté par le mécontentement qui se fermente en ces militants. Qu’on ne soit pas du tout surpris si une révolution interne à l’ANC venait à avoir lieu. Fabre aura de par  son entêtement contraint la horde des oranges contre lui. En politique, la fin justifie toujours les moyens et ceux mis au-devant par Fabre par Fabre n’incitent pas à un optimisme. Les moyens du cinglant échec sont perceptibles. « Deux tours ou rien », c’était un tour mais le jusqu’auboutiste y a pris part, « Nous revendiquons notre victoire volée. Les jours de Faure au pouvoir sont comptés », « S’il y a quelqu’un qui doit aller voir ailleurs, c’est bien sûr Gilchrist Olympio, l’UFC nous appartient ». Tous ces propos ont été tenus et soutenus mais au finish, rien de tout cela n’a marché, c’est plutôt Fabre qui a été bouté hors de l’UFC. Le gourou Fabre ne saurait ni aujourd’hui ni demain être un exemple de modèle à suivre. Le Togo est trop petit pour qu’on sache qui vaut quoi. On peut beau ne pas aimer ses rivaux mais s’ils ont des qualités. Il faut les reconnaître et les apprécier. Feu Edem Kodjo était une référence mondialement reconnu. Feu Agboyibo l’un des brillants avocats dont la notoriété dépassait les frontières nationales, Léopold Gnininvi, un émérite professeur, un bosseur et un homme constant avec ses principes qu’il défend, Agbéyomé Kodjo un bosseur qui savait donner un sens à ce qu’il faisait et qui avait un sens aigu de l’anticipation. Nombreux sont-ils nos leaders de l’opposition à avoir une bonne carrure. Qu’en est-il du « Mister No » ? Le zéro pointé, l’homme tend au crépuscule de sa vie sans avoir marqué le petit point qui le grandirait à l’heure des comptes. Ceux à qui Fabre promet des chapeaux doivent chercher à connaître combien il a lui. D’ailleurs dépités par le manque d’issue, le mur des pro-Fabre se lézarde. Aux dernières nouvelles, un cadre pas des moindres par acte notarial a demandé à regagner le camp de l’UFC (feu André Johnson). Ce qui fut fait et d’autres suivront pour esseuler leur leader qui souffre de manque de vision et d’alternative crédible pour sortir le parti ANC de sa lente mais sûre descente aux enfers.

Fabre ne mérite aucune pitié, il serait en train de récolter ce qu’il a semé. Qui sauvera Fabre ? D’où lui viendra le salut ? On croise les doigts et on attend de quoi les jours à venir seront faits.

(Source: Courrier de la République : n°202 du 24 janvier 2011)

Anges Gbedode

 

 

 

 

 

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