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Recrutements dans les mairies: AUSEP soutient la décision du ministre AWATE et appelle au respect de la loi du 11 juin 2008

Le vendredi 09 janvier dernier, le ministre en charge de la gouvernance locale, Hobabalo AWATE  a  sorti une note  suspendant provisoirement les recrutements dans les 117  communes du Togo.

« Toute autorisation de recrutement du personnel des communes est suspendue jusqu’à nouvel ordre », pouvait-on lire dans la note. Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance des ressources humaines au sein des collectivités territoriales. Sa mise en œuvre vise à permettre au ministère de tutelle de disposer d’une base de données exhaustive sur le personnel communal, de mieux maîtriser les effectifs et les fonctions exercées.

À ce titre, « es communes sont tenues de transmettre au ministère, au plus tard le 16 janvier 2026, un état détaillé du personnel en service, qu’il soit permanent ou contractuel. Les informations requises doivent comprendre le nom et les prénoms, la date d’engagement, le statut, la qualification ou le niveau de formation, ainsi que le poste occupé au sein de la mairie », précise la directive.

Cette décision du ministre est saluée par l’Association des usagers du service public togolais (AUSEP) dirigée KARIYIARE Kampatibe. Dans une déclaration rendue ce mardi 20 janvier 2026, cette association dit « apporter son soutien au Ministre de l’Administration Territoriale et en appelle au respect de la loi du 11 juin 2008 portant statut des agents des collectivités territoriales »

Dans sa déclaration, AUSEP dénonce « une inflation dans l’administration locale avec des postes créés pour les besoins de la clientèle, ne répondant à aucun diagnostic sérieux. Les dépenses d’investissement se corrodent au jour le jour, tant les dépenses improductives de fonctionnement ne cessent de connaitre des envolées annuelles ».

Pour cette association, « la cohésion sociale  basée sur l’accès égal des citoyens à l’emploi public local est ostensiblement violée par les exécutifs locaux. Et pourtant, aux termes de l’article 3, al 2 de la loi du 11 juin 2008 sus citée, « Ils sont soumis au respect du principe constitutionnel d’égal accès de tous les citoyens aux emplois publics ». Il ne pouvait en être autrement, car aux termes de l’article 13 de la même loi: « Le recrutement se fait par voie de concours. Toutefois des contrats peuvent être conclus pour une durée maximale de deux années et renouvelable une seule fois par reconduction expresse pour pourvoir à des emplois permanents ».

Voici l’intégralité de cette déclaration

KARIYIARE Kampatibe, Président de l’AUSEP 

DECLARATION

L’Association des usagers du service public togolais (AUSEP) apporte son soutien au Ministre de l’Administration Territoriale et en appelle au respect de la loi du 11 juin 2008 portant statut des agents des collectivités territoriales.

L’avènement des premières élections locales  en 2019 après plusieurs années des délégations spéciales, a sonné comme une brise embaumée dans le cœur de tous les Togolais, tant les attentes étaient grandes et légitimes. Dans  ce sillage, l’installation des premiers exécutifs locaux s’est accompagnée  d’un besoin urgent d’un personnel efficace pour parer  aux défis de l’heure.

Telle une course contre la montre, et sans respect des lois et règlements en vigueur régissant la fonction publique locale, les recrutements se signalent çà et là sur fond  de recommandations, d’accointances  politiques, liens familiaux, tribaux et régionaux, transformant certaines  communes en de véritables  cours de courtisans inefficaces et parfois zélés, n’ayant de compte à rendre qu’à leurs protecteurs. Devenir donc maire constitue pour certains,  un réel  promontoire pour  soi-même, sa famille, ses amis, ses relations, sa clientèle politique ; bref une véritable arène où se jouent des intérêts opposés, chacun cherchant à maximiser le recrutement de ses proches. Une telle situation  engendre inéluctablement  au sein du personnel local et des conseils municipaux, des frustrations, crispations, formation des sous – groupes aux intérêts divergents en lieu et place d’une cohérence de vue pour l’amorce d’une gouvernance locale réussie.

A l’arrivée, une inflation dans l’administration locale avec des postes créés pour les besoins de la clientèle, ne répondant à aucun diagnostic sérieux. Les dépenses d’investissement se corrodent au jour le jour, tant les dépenses improductives de fonctionnement ne cessent de connaitre des envolées annuelles.

La cohésion sociale  basée sur l’accès égal des citoyens à l’emploi public local est ostensiblement violée par les exécutifs locaux. Et pourtant, aux termes de l’article 3, al 2 de la loi du 11 juin 2008 sus citée, « Ils sont soumis au respect du principe constitutionnel d’égal accès de tous les citoyens aux emplois publics ». Il ne pouvait en être autrement, car aux termes de l’article 13 de la loi du 11 juin 2008, précitée « Le recrutement se fait par voie de concours. Toutefois des contrats peuvent être conclus pour une durée maximale de deux années et renouvelable une seule fois par reconduction expresse pour pourvoir à des emplois permanents ». Il en ressort des recrutements successifs enregistrés dans les collectivités territoriales, une discrimination d’une grande partie de la jeunesse togolaise, désireuse pourtant d’apporter sa part à l’édifice local. Au demeurant, les résultats sont là. Les constats sont amers. Les populations se questionnent sur le bien-fondé de la décentralisation tant vantée. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut, seul gage pour niveler par le haut le management local a déserté le fonctionnement communal.

Au regard, de ces constats, l’AUSEP

  • Appelle à la conduite d’un diagnostic national sans pareil des réels besoins en matière de ressources humaines dans les 117 communes
  • La suppression des postes impertinents, fantaisistes ou de remerciements
  • La définition des nouveaux emplois et postes dans les communes
  • L’organisation des concours de recrutements dans les communes ouverts à tous
  • L’ application de la loi N° 2008-006 du 11 juin 2008 portant statut des agents des collectivités territoriales fondé sur les réformes tendant à son arrimage à la loi du 21 janvier 2013 portant statut général de la fonction publique togolaise.
  • Apporte son total soutien au réveil, quoique tardif du Ministre de l’Administration Territoriale en vue nettoyer les écuries d’Augias qui ont émaillé ces dernières années la fonction publique locale.

Fait à Lomé, le 20  janvier 2026

 Le Président.

 KARIYIARE Kampatibe

(cel: +228 92 40 66 90)

 

📧 echosdumonde123@gmail.com 📞 228 92 41 16 66 / 99 46 17 57