« Beaucoup de personnes se posent la question de savoir comment des hommes politiques instruits, formés dans de grandes universités, peuvent-ils soutenir un régime accusé de fraude, de médiocrité, de manipulation et d’autoritarisme ? A quoi servent leurs études maintenant? Mais il faut comprendre ceci: dans des régimes autoritaires ou hyper-centralisés comme celui du Togo, le pouvoir distribue les ressources: postes, contrats, privilèges, sécurité, protection juridique, etc. Donc s’opposer coûte cher, soutenir rapporte beaucoup. Même un intellectuel brillant peut choisir la facilité pour question de survie: éviter l’emprisonnement, protéger sa famille, garder ses privilèges, assurer sa carrière. En réalité, ce régime togolais absorbe les intellectuels, les neutralise, puis les utilise pour sa légitimation. Le pouvoir crée une dépendance financière et sociale, le RPT/ UNIR contrôle la fonction publique, l’armée, les privilèges économiques, les marchés publics, la promotion.
Quitter ce régime est synonyme de perdre ses revenus, prestiges, sécurité. « Finalement, beaucoup de Togolais choisissent des larbins du régime », constate un avisé de la politique togolaise, pour pourvoir trouver leur pain quotidien.
Triste pour une république.
Anges Gbedode


